Bérurier fait partie de ma mythologie, et pourtant je n’ai lu aucun San Antonio, ou je devrais plutôt dire, je n’ai rien lu de San Antonio. Oui, inception directe : le commissaire San Antonio n’est autre que la couverture de l’auteur, Frédéric Dard.
Donc, pas de Dard sur les couverture des San Antonio, mais San Antonio lui-même : auteur-narrateur de ses aventures éponymes au côté de son inspecteur et ami Bérurier.
Mon père lisait les San Antonio, il lisait beaucoup, il lisait vite et ses lectures s’empilaient dans l’immense bibliothèque qui se dressait comme un rempart dans son bureau. Moi, par peur, par respect, par paresse, j’ai lu très tard. Et les San Antonio sont avant tout l’odeur du papier vieilli dans une maison humide. Les exploit du duo qui faisaient rire le gros ventre de mon père, eux, sont toujours un mystère.
Rempart, peur, respect ? Mouais… branleur, oui ! !
La nudité était omniprésente dans les années 70 et 80. L’affreuse cinématographie de cette époque a surtout marque ma mémoire de scènes de pluie et de femmes à poil. Et au milieu de cette mythologie, le Dard invisible de San Antonio.
Pourquoi depuis trois semaines, mes rêves reviennent-ils sur deux sujets récurrents : ma bite, et la saleté ?
Freud, couché ! Sale bête.
Je ne sais pas si ce qui suit a vraiment sa place ici, dixit le surmoi qui tente d’étouffer sa spasmophilie dans un sac en papier, alors, j’espère que vous me pardonnerez si je me vautre dans une forme d’exhibitionnisme inconvenant.
Voici donc les bribes d’un rêve qui m’a laissé songeur.
Je prends dans ma douche, il y a un petit miroir rectangulaire posé sur le bord de la baignoire. En fait, c’est plutôt un smartphone car, tout à l’heure, je pourrai y revoir l’image que « voyait » le miroir.
Je découvre une trace sur le verre. Comme si ma « bip » avait touché l’écran et laissé une empreinte. Une saleté à vrai dire
Freud, on a dit ta gueule. Appelez-moi la Crampe ! On a besoin d’une caisse et d’une camisole pour neutraliser ce forcené !!!
Donc, une saleté.
On n’est plus dans la salle de bain mais dans une petite chambre éclairée d’une simple lampe de chevet posée sur une console noire. Le rebord de la baignoire a cédé la place à cette petite table de chevet.
Nous avons un invité. Je crois que c’est mon chef. Et je suis emmerdé car son chevet est souillée par cette trace qui maintenant laisse une marque blanche sur la laque noire.
Je remonte le film pour enquêter sur l’origine de cette marque.
Alors je vois ce que voyait le miroir, en gros plan, dans la lumière cru de la salle d’eau.
J’observe de près le reflet de ce sexe qui me fixe de son regard monoculaire, et j’aime regarder ça de près.
Oui, je sais ! C’est pas la peine de me traiter de gros pédé, tout le monde le sait !
J’essaye de nettoyer et de faire disparaître la trace de la table basse, mais elle est tenace.
et le réveil tonitrue.


